Comment fait-on du vin rouge ?

Comment fait-on du vin rouge ?

Faire du vin rouge, ce n’est pas juste “écraser du raisin et attendre que ça se passe ! L’élaboration du vin rouge, c’est une suite d’étapes très précises et techniques. Chaque étape a son rôle pour transformer de simples raisins en vin rouge avec de la couleur, des arômes, de la texture et parfois ces fameux tanins qui assèchent un peu la bouche. On t’emmène dans les coulisses. T’inquiète, pas besoin d’avoir un diplôme d’œnologue pour suivre.

1. La vendange : tout commence dans la vigne

Avant de parler cuves, fermentation et bouteilles, il faut commencer par le commencement : le raisin. La vendange, c’est le moment où l’on récolte les raisins arrivés à maturité. Les vigneron.nes estiment que les raisins sont mûrs quand ils ont le bon équilibre entre sucre, acidité, arômes et maturité des tanins.

Pourquoi c’est important ? Parce que le raisin, c’est la matière première du vin. Un raisin trop vert peut donner un vin dur, végétal, un peu austère. Un raisin trop mûr peut donner un vin très alcoolisé, plus lourd, avec moins de fraîcheur. La vendange peut être faite à la main ou à la machine. Une fois les raisins récoltés, direction le chai. C’est là que la magie commence vraiment.

2. L’éraflage : on enlève la rafle

Après la vendange, les raisins arrivent généralement sous forme de grappes entières. Une grappe, ce n’est pas seulement des baies : il y a aussi la rafle, c’est-à-dire la petite structure verte qui tient les raisins ensemble et qui forme la grappe entière. L’éraflage consiste à séparer les baies de cette rafle.

Pourquoi l’enlever ? Parce que la rafle peut apporter des goûts végétaux, amers ou un peu rêches si elle n’est pas parfaitement mûre. Certains vignerons choisissent de garder une partie ou la totalité des grappes entières. On parle alors de vinification en vendange entière. Cela peut apporter de la fraîcheur, de la structure et des arômes particuliers, mais c’est un choix technique qui demande beaucoup de maîtrise.

3. Le foulage : on libère le jus

Une fois les baies séparées de la rafle, on peut passer au foulage qui consiste à éclater légèrement les grains de raisin pour libérer le jus. L’idée n’est pas de tout broyer comme une brute. On veut ouvrir les baies, pas massacrer les pépins.

Pourquoi ? Parce que les pépins peuvent apporter de l’amertume s’ils sont écrasés trop violemment. Le foulage doit donc être doux. À ce stade, on obtient un mélange de jus, de peaux, de pulpe et de pépins. Ce mélange s’appelle le moût.

4. La fermentation alcoolique : le sucre devient alcool

La fermentation alcoolique, c’est le moment où le jus de raisin commence à devenir du vin. Concrètement, des levures transforment le sucre naturellement présent dans le raisin en alcool. En bonus, cette transformation produit aussi du gaz carbonique et de la chaleur. C’est une étape centrale dans l’élaboration du vin rouge. Sans fermentation alcoolique, pas de vin. On aurait simplement du jus de raisin.

Les levures sont (normalement) naturellement présentes sur les raisins et dans le chai, on parle alors de levures indigènes. Certains vignerons qui travaillent en conventionnel ajoutent des levures industrielles qu’on appellent des levures exogènes. La mission de ces levures : manger le sucre et produire de l’alcool.

Pendant cette phase, le vin commence à développer ses premiers arômes. La température est très surveillée : une fermentation trop chaude peut tuer les levures et une fermentation trop froid ralentir voire stopper le processus de fermentation.

5. La macération : là où le vin rouge prend sa couleur

La macération, c’est probablement l’étape la plus importante pour comprendre pourquoi le vin rouge est rouge. Pendant la macération, le jus reste en contact avec les peaux, les pépins et parfois une partie des rafles. Or, la couleur du vin rouge se trouve surtout dans la peau du raisin, pas dans sa chair. C’est donc grâce à ce contact prolongé que le jus se colore progressivement. Mais la macération ne sert pas seulement à donner de la couleur. Elle permet aussi d’extraire des tanins et des arômes.

Les tanins, ce sont ces composés qui donnent une sensation d’accroche, de matière, parfois d’assèchement dans la bouche. Tu sais, cette impression un peu râpeuse sur les gencives quand tu bois certains vins rouges ?

La durée de macération varie selon le style recherché. Pour un vin rouge léger, fruité et facile à boire, la macération peut être assez courte. Pour un vin rouge plus puissant, structuré, destiné à vieillir, elle peut être plus longue. C’est une des étapes qui contribuent à donner le caractère du vin : plutôt jus de fruit glouglou ou vin plus soutenu.

6. Le pigeage : on remet les peaux dans le bain

Pendant la fermentation et la macération, les peaux de raisin remontent naturellement à la surface de la cuve, poussées par le gaz carbonique. Elles forment une sorte de chapeau compact au-dessus du jus. On appelle ça le chapeau. Le problème, c’est que si les peaux restent en haut et le jus en bas, le contact entre les deux est moins efficace. Or, si on veut faire un vin rouge soutenu, intense, avec de la maitère, on veut justement que le jus récupère la couleur, les tanins et un max d’arômes présents dans les peaux. C’est là qu’intervient le pigeage.

Le pigeage consiste à enfoncer le chapeau de marc dans le jus pour remettre les peaux en contact avec le liquide. On utilise une pige (genre un grand bâton) et on remue ! Le pigeage permet une extraction plus intense. Il donne plus de couleur, plus de matière, plus de structure au vin. Mais certains vigneron.nes peuvent vouloir faire des vins plus légers et facile à boire, auquel cas, il ne pigent pas et laisse le vin infuser tranquillement, comme un thé.

7. Le pressurage : on sépare le vin des matières solides

Une fois la fermentation et la macération terminées, il faut séparer le liquide des parties solides : peaux, pépins, pulpe restante. D’abord, on récupère le vin par le bas de la cuve. On l’appelle le vin de goutte. Ensuite, on presse les matières solides restantes pour extraire le liquide qu’elles contiennent encore. C’est le vin de presse. Le vin de presse est souvent plus riche en tanins, plus concentré, plus puissant.

Le vigneron peut ensuite décider d’assembler une partie du vin de presse avec le vin de goutte, ou de les garder séparés. Tout dépend du style recherché.

8. L’élevage : le vin prend le temps de se construire

Après le pressurage, le vin n’est pas forcément prêt à être mis en bouteille. Il a souvent besoin d’un temps d’élevage. L’élevage, c’est la période pendant laquelle le vin repose et évolue avant la mise en bouteille. Il peut se faire en cuve inox, en cuve béton, en fût de chêne, en amphore ou dans d’autres contenants. Chaque contenant a son effet sur le style du vin final.

  • La cuve inox préserve souvent la fraîcheur et le fruit.
  • Le béton apporter une évolution douce, sans marquer le goût.
  • Le fût de chêne donne des notes boisées, vanillées, épicées ou toastées, plus ou moins intense selon le type de bois, l’âge du fût et la durée d’élevage.

Le but de l’élevage n’est pas forcément de donner un goût de bois. Un bon élevage doit accompagner le vin, pas d’en faire un jus de planche !

9. La filtration : on clarifie le vin

Avant la mise en bouteille, le vin peut être filtré. La filtration sert à retirer certaines particules encore présentes dans le vin et permet d’obtenir un vin plus limpide. Tous les vins ne sont pas filtrés de la même manière. Certains vignerons filtrent très finement. D’autres filtrent peu, voire pas du tout, pour préserver un maximum de matière et de texture.

Un vin non filtré peut présenter un léger dépôt. Ce n’est pas un défaut, c’est même un signe de qualité car ces fines particules apportent plus d’aromes et de complexité au vin.

10. La mise en bouteille : dernière étape avant ton verre

Dernière étape : la mise en bouteille. Le vin est transféré dans des bouteilles propres, puis bouché, étiqueté et prêt à partir vivre sa vie. Certains vins seront commercialisés rapidement. D’autres continueront à vieillir en bouteille pendant plusieurs mois, voire plusieurs années. La bouteille n’est pas juste un contenant. C’est aussi un nouvel espace d’évolution. Une fois embouteillé, le vin continue lentement à changer, surtout s’il est taillé pour la garde.

Pour les vins rouges jeunes et fruités, l’objectif est souvent de garder de la fraîcheur et de l’éclat. Pour les grands vins de garde, le temps en bouteille peut permettre aux tanins de s’assouplir et aux arômes de devenir plus complexes.

Et voilà : le raisin est devenu vin rouge. Pas par magie mais par une série d’étapes où chaque détail compte : la date de vendange, la durée de macération, l’intensité du pigeage, le choix du contenant d’élevage, la filtration ou non… Chaque choix impact le style du vin. La prochaine fois que tu bois un verre de vin rouge, tu pourras te poser la question : est-ce que ce vin a été filtré ? Est-ce qu’il a eu un élevage sous bois ? Est-ce que le raisin a été vendangé en sous-maturité ? …


FAQ

  • Comment fait-on du vin rouge ?

    On fait du vin rouge en laissant fermenter du jus de raisin avec les peaux. Ce contact permet d’extraire la couleur, les tanins et une partie des arômes. Le vin est ensuite pressé, élevé, filtré si besoin, puis mis en bouteille.

  • Pourquoi le vin rouge est rouge ?

    Le vin rouge doit sa couleur aux peaux des raisins noirs. Pendant la macération, les pigments contenus dans la pellicule (peau du raisin) passent dans le jus.

  • Quelle est la différence entre fermentation et macération ?

    La fermentation transforme le sucre du raisin en alcool grâce aux levures. La macération, elle, correspond au contact entre le jus et les peaux pour extraire couleur, tanins et arômes.

  • Le vin rouge est-il toujours élevé en fût de chêne ?

    Non. Un vin rouge peut être élevé en fût, mais aussi en cuve inox, en béton, en amphore ou dans d’autres contenants. Le choix dépend du style recherché.

  • Est-ce que tous les vins sont filtrés ?

    Non. Certains vins sont filtrés pour être plus limpides et être vendus plus facilement. D’autres sont peu filtrés ou non filtrés, ce qui peut parfois créer un léger dépôt dans la bouteille. Ce n'est pas un défaut, loin de là.

  • Quelle est l’étape la plus importante dans la fabrication du vin rouge ?

    Difficile d’en choisir une seule, car chaque étape compte. Mais la macération est vraiment centrale dans l’élaboration du vin rouge : c’est à ce moment-là que le jus reste en contact avec les peaux du raisin pour récupérer la couleur, les tanins et une partie des arômes. Sans macération, pas vraiment de vin rouge tel qu’on le connaît.

  • Le contenant influence-t-il le goût du vin ?

    Oui, le contenant peut influencer le goût et la texture du vin. Un élevage en cuve inox préserve souvent le fruit et la fraîcheur. Un fût de chêne peut apporter des notes boisées, vanillées, épicées ou toastées. Le béton, l’amphore ou d’autres contenants peuvent aussi jouer sur l’évolution du vin. Bref, le contenant ne fait pas tout, mais il peut clairement changer l’ambiance dans le verre.

  • Quelle est la différence entre un vin filtré et un vin non filtré ?

    Un vin rouge filtré a été clarifié pour retirer certaines particules avant la mise en bouteille. Il est généralement plus limpide et plus stable. Un vin non filtré, lui, est moins “nettoyé” avant la bouteille : il peut garder plus de matière, parfois plus de texture, mais aussi présenter un léger dépôt. Ce dépôt n’est pas forcément un défaut, c’est souvent juste le signe d’un vin moins filtré.


Viens tester tes connaissances et voir si tu maîtrises désormais le sujet, on a un quiz dédié au processus d’élaboration du vin rouge