Janvier arrive avec son lot de bonnes résolutions, et la sobriété s’invite de plus en plus dans notre quotidien. Et y’a une nouvelle question qui squatte toutes les conversations. Après la classique de Noël « alors, c’est quand que tu nous fait un petit ? », place au « Tu fais le Dry January toi ? »
Le Dry January, c’est simple : un mois sans alcool en janvier. Pas forcément pour arrêter de boire toute sa vie non plus mais plutôt pour faire une pause, de questionner sur ses habitudes, voir ce qui se passe quand on passe un vendredi soir sans faire l’apéro.
Il est partout. C’est presque une nouvelle religion. Perso je me fous de savoir ce que fait le voisin, ce qu’il boit, qui il baise, qui il prie. Je te propose plutôt qu’on remonte un peu dans le temps pour découvrir d’où vient ce mouvement.
1860 : Quand l’Europe buvait (beaucoup) trop
Entre 1830 et 1860, la consommation de vin en France explose et passe de 81 à 168 litres de vin par an et par personne (ça fait plus de 4 bouteilles par semaine par personne). Un record historique mondial. Dans le sillage de l’industrialisation, les villes grossissent, les conditions de travail se durcissent, et l’alcoolisme s’installe comme un problème de société.
1789-1870 : Le premier grand clash autour de l’alcool
Les alarmes se déclenchent. Le mouvement anti-alcoolique né aux États-Unis dès 1789, traverse l’Atlantique et s’installe en Europe à partir de 1871, au moment où la consommation atteint des sommets. Deux camps s’affrontent : ceux qui veulent bannir toutes les boissons alcoolisées, vin compris, et ceux qui présentent le vin comme étant ”hygiénique” voire “thérapeutique”. A la fin du siècle, on compte plus de 1 600 vins médicinaux sur le marché. Le débat est lancé. Il ne s’éteindra jamais vraiment.
XXᵉ siècle : Le vin change de costume
Le vin passe du statut de boisson à un produit intellectuel, voire un statut social. Il quitte la prescription médicale pour entrer dans le patrimoine, le plaisir, la gastronomie.
**44% des français considèrent le vin comme un produit noble
(Ils étaient 32% en 2019)**
2013-2020 : Le Dry January
En 2013, le Royaume-Uni lance un défi simple : un mois sans alcool, pour faire le point sur sa consommation. Le concept fait son chemin, doucement mais sûrement. 4 ans plus tard, la Belgique rebaptise l’expérience “Tournée minérale” qui se déroule non pas en janvier mais en février. Malins les Belges, y’a 3 jours de moins à tenir ! La France, fidèle à sa relation passionnelle avec le vin, observe d’abord de loin… avant de s’y mettre en 2020 avec le “Défi de janvier”.
2025 : un rituel qui prend sa place
En quelques années, le Dry January devient un rituel européen, une parenthèse assumée.
👉 Les 2 / 3 ont tenu bon
👉 41 % des participants ont moins de 35 ans
Le vin baisse le volume
La France reste le 2ᵉ consommateur de vin au monde. Qu’on se rassure, le vin fait toujours partie du décor mais les habitudes changent, le levé de coude est un sport historique qui n’aura pas été transmis à la Gen Z. La consommation quotidienne des moins de 35 ans devient presque anecdotique : 2 % seulement, contre 10 % toutes générations confondues.
Ce n’est pas la fin du vin mais plutôt celle du vin automatique. Celui qu’on buvait par habitude, par réflexe, sans trop y penser. Boire moins, mais mieux. Boire quand ça a du sens. Et parfois ne pas boire du tout, sans que ce soit un acte militant.
L’avenir du vin ne se joue plus dans la quantité, mais dans l’intention. Moins d’ivresse subie, plus de plaisir choisi. Et si le vrai défi du vin aujourd’hui, c’était simplement de rester désirable sans être indispensable ?
Sources
”Vin, vignes et femmes” de Florence Tilkens Zotiades
https://www.circuits-bio.com/chiffres-et-marches/le-dry-january-en-cinq-chiffres\
https://www.vinetsociete.fr/chiffres-cles/
FAQ
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C’est quoi le Dry January ?
Le Dry January est un défi qui consiste à ne pas boire d’alcool pendant tout le mois de janvier. L’idée n’est pas forcément d’arrêter définitivement, mais de faire une pause et d’observer son rapport à l’alcool.
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D’où vient le Dry January ?
Le Dry January moderne a été lancé au Royaume-Uni en 2013 par Alcohol Change UK. Il s’est ensuite développé dans plusieurs pays, dont la France sous le nom de “Défi de janvier”.
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Quels sont les autres noms du Dry January ?
En France, le Dry January est aussi appelé Défi de janvier ou simplement mois sans alcool. On voit parfois passer la traduction littérale janvier sec, même si elle est moins naturelle à l’oreille. En Belgique, il existe une version très connue appelée Tournée Minérale, qui se déroule plutôt en février et les Québécois appellent ça "le défi 28 jours sans alcool".
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Quand le Dry January est-il arrivé en France ?
Le Dry January est arrivé en France en 2020 sous le nom “Défi de janvier”. En 2025, la campagne française en était à sa 6e édition.
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Le Dry January veut-il dire qu’il faut arrêter le vin ?
Non. Le Dry January propose une pause temporaire sans alcool. On peut aimer le vin, s’y intéresser, apprendre à mieux le comprendre, et choisir de ne pas en boire pendant un mois.
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Est-ce que les Français boivent moins de vin ?
Oui. La consommation individuelle moyenne de vin en France a chuté de plus de 60 % entre les années 1960 et 2022, selon FranceAgriMer. Mais le vin reste très présent culturellement : il est de plus en plus associé à des moments choisis plutôt qu’à une consommation quotidienne.