Photo 1 sur 3
L'ambre blanc
Yann a déjà eu mille vies : les lettres, la philo, le théâtre, le social, la peinture. Un parcours en zigzag, mais avec ce même fil rouge conducteur : celui de créer avec ses mains, de suivre son instinct, et ne jamais rester trop longtemps dans un endroit où l’ennui commence à s’installer.
Le vin est arrivé un peu comme ça, par une porte dérobée. Une peinture échangée contre du temps passé dans les vignes, auprès de Philippe Brandt, figure du vin nature alsacien. De fil en aiguille, Yann apprend, observe, expérimente. Puis un jour, il décide de faire son propre vin notamment en qvevris, ces grandes jarres en terre cuite enterrées originaire de Georgie.
Forcément, quand on a passé sa vie à composer des images, des matières et des univers, on ne fait pas des cuvées comme tout le monde. Les étiquettes sont déjà des histoires : des clins d’œil, des dédicaces, des petits signes cachés à celles et ceux qui ont croisé sa route. Avant même d’ouvrir la bouteille, il y a déjà quelque chose à décrypter.
En 2026, une nouvelle page s’ouvre avec l’achat de 4 hectares de vignes en Alsace, sur le lieu-dit Stierkopf, la “tête de taureau”. Un coteau plein sud, travaillé en bio et en agroforesterie, où les vignes côtoient les arbres fruitiers, les herbes aromatiques, les nichoirs à oiseaux et même des poivriers de Sichuan !
L’Ambre Blanc, c’est un domaine jeune, mais déjà traversé par une idée forte : prendre le temps. Le temps de regarder pousser une vigne avant de vouloir la contraindre. Le temps aussi de construire un lieu à son rythme, entre les gestes du quotidien, les enfants, les saisons, les intuitions qui arrivent quand elles veulent bien arriver. Chez Yann, cette lenteur n’a rien d’une posture : c’est une façon d’habiter le monde. Faire moins vite, mais plus juste.